lundi 28 novembre 2016

Passionnée



Entretien avec une jeune danseuse mayennaise, elle nous explique son parcours et ses ambitions.



Salut Léa, alors pour commencer, explique-moi comment tu en es arrivée à pratiquer la danse ?
Je cherchais un sport quand j’étais petite, comme tout le monde, et la danse m’intéressait : je m’étais dit soit classique au conservatoire d’Evron (53) soit de l’initiation et vu que j’avais des amis là-bas le choix s'est vite fait. A la base c’était pour passer du temps, ça a prit mes mercredis et au final je me suis retrouvée à en faire pendant dix ans. La dixième année j’ai décidé d’ajouter du hip hop en plus, j’en ai fait deux-trois ans et ça s’est terminé sur Evron. J’ai aussi rajouté le jazz depuis deux ans avec Swann Gougeon.


En dix ans de pratique donc, tu as pu évoluer, il y a certainement eu plusieurs changements dans ta jeune carrière, parle-moi des étapes qui ont consolidées ton parcours ?
Je dirais mon premier tournage, je ne faisais pas encore de jazz et c’était un tournage de jazz, ça met un peu la pression mais tout s’est bien passé.
Ensuite il y a la création de l’association parce que ce ne sont plus des cours, c’est à toi de créer des chorégraphies donc on change de statut.
Et également ma première grosse scène, c’était un concert avec Sweet FM donc en hip hop, et j’étais sur scène avec Big Ali par exemple.


Au-delà de la prestation esthétique, il doit y avoir un certain travail physique : comment gères-tu ces phases de travail ?
L’idéal c’est de faire des séances d’entrainements, par exemple cet été je suis partie en camp et c’était vraiment intensif. On y allait en courant, le matin c’était une heure de pompes, abdos etc… on en refaisait à midi après manger et le soir avant de partir. C’est important de s’entrainer pour tenir, pour être toujours plus précis.


Tu es davantage axée sur la musique hip-hop dis-moi quelles sont tes influences, les artistes qui t’inspirent ?
C’est clair que de base je suis très hip-hop avec toute la culture qu’il y a autour mais je ne suis pas du tout fermée. En gros je pars du principe que je danse du hip hop mais je peux aussi bien danser du jazz, du classique…
Après en personnes qui m’influencent ce sont toujours les danseurs du monde mais davantage aux Etats-Unis parce qu’ils ont tout compris ; ils sont en avance, ils ont beaucoup de styles différents. Je trouve qu’ils sont polyvalents, très innovants et il y a toujours des trucs qui sortent.


Au niveau des choix musicaux, sur quel genre te sens-tu le plus à l’aise ?
Je dirais le rap US évidemment mais tout dépend ce que je veux. Par exemple si je suis en jazz, je partirais plus sur des musiques qui me parlent, où je peux davantage me les interprétées.



Tu es en terminale, il faut réussir à faire l’équilibre entre les cours et cette passion, comment se passe l’emploi du temps ?
Alors c’est assez compliqué parce que j’ai dû dire non à certains cours, en fait ce n’était pas possible car je prends mes cours de danse au Mans maintenant et il n’y a pas beaucoup de trains. J’ai dit non aux cours de la semaine mais j’ai blindé mes week-end et après je me suis organisée avec mes profs au lycée.


J’imagine que tu es souvent amenée à te déplacer ?
Oui parce que mon prof vient parfois mais après je pars avec lui sur Le Mans (72).


Les entrainements doivent y être plus rigoureux…
C’est sûr ! Ce que je fais à Bais et ce que je fais au Mans c’est le même style de danse mais il doit y avoir au moins trois niveaux au-dessus. 



Dans ce domaine le perfectionnisme est omniprésent, chaque geste est répété inlassablement, raconte-moi une séance d’entrainement type ?

Dès qu’on arrive on n’a pas le choix de s’échauffer, ensuite ça dépend, mais ce qui est le mieux c’est de chauffer le corps avant quoi que ce soit. Il faut vraiment bien s’étirer donc on triche un peu aussi en mettant parfois de la crème pour chauffer les muscles.
Par exemple si on apprend une chorégraphie, on voit cette choré avec le prof puis c’est à nous de répéter et répéter sans arrêt. A la fin on se ré-étire et on peut repartir.



On peut t’apercevoir sur une vidéo postée il y a quelques semaines sur Youtube, tu accompagnes une amie violoniste sur un cover de Coldplay, comment s’est passée cette collaboration ?
Alors du coup l’idée est venue d’elle et moi, on s’est dit que ça pouvait être cool d’allier nos deux passions. Tout s’est monté assez vite mais pendant le tournage, moi en tant que danseuse je n’avais pas forcément calculé qu’il fallait pouvoir danser en l’accompagnant, c’était la plus grosse difficulté du tournage. Aussi vu qu’on voulait une certaine lumière, c’est un tournage qui a été fait en 5 heures, que sur une matinée. Je pense qu’il n’y pas eu de limites mais il fallait rester strict sur ce qu’on voulait faire pour avoir assez de plans.


En parlant de collaborations, as-tu des projets ? Qu’ils soient solo ou en groupe ?
Suite à la vidéo j’ai été contacté par un Youtubeur qui lit des textes, il se lance dans le slam et il m’a dit qu’il cherchait des personnes pour des clips alors il m’a proposé. Il y a un deuxième projet vidéo avec Charlotte et le même caméraman. Sinon là je sors d’un tournage avec un prof de hip hop au Mans et par la suite toute l’année on va préparer les concours, un national et un européen. Il existe d’abord le CND qui est un concours régional, uniquement classique, jazz, et contemporain, il faut obtenir au moins 16/20 pour être sélectionné et aller au concours national qui se passe vers le mois de mai. Quant au concours européen il se déroule à Paris mais il y a vraiment un niveau au-dessus.


Es-tu au sein d’un crew ?
Maintenant c’est vrai que je danse beaucoup avec Dylan, déjà parce que cet été je suis partie faire le stage à Manchester avec lui. Il fait les cours de jazz avec moi donc on est tous les week-end ensemble et il est aussi avec moi sur une comédie musicale. Au Mans, grâce à un tournage, on a rencontré une autre fille et l’entente s’est faite naturellement, dès qu’on a un projet on sait qu’on le fait ensemble.


Qu’est-ce que tu projettes sur le long terme et où te vois-tu à l’avenir ?
C’est sûr qu’en ce moment je suis obligée d’y réfléchir parce que je suis en terminale, je pense allier les deux et faire une licence mais je ne sais pas encore laquelle. Ensuite faire une formation professionnelle en danse : ce serait en jazz car le hip hop n’est pas reconnu par l’Etat donc il n’y a pas de diplôme, je ne pourrais pas être certifiée danseuse ou professeure. Tout d’abord obtenir un diplôme, après je prendrais mes cours en hip hop et on verra par la suite.




Un petit rituel avant chaque performance ?
Si je suis avec quelqu’un que je connais vraiment on se dit qu’il ne faut pas répéter parce qu’on a confiance en soi mais quand je suis toute seule je suis obligée de répéter la choré à cause du stress.



Une fois passée la barrière de la timidité, quels sentiments ressens-tu une fois sur scène ?
C'est clair qu'il y a vraiment des étapes, le juste avant-scène : là c'est le stress à bloc. Après sur scène je pense qu'il y a une petite part de fierté parce que tu te dis que tu n'as pas fait tout ça pour rien, et c'est le bonheur. Ensuite tout dépend de la performance que j'ai faite mais généralement les nerfs lâchent, si tout s'est bien passé c'est la joie et c'est ce qu'il arrive en général alors tant mieux.



KEEP EYES




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